Le support DVD présente des avantages indéniables et spécifiques qui lui garantissent une existence dans le futur.

Support physique ou support dématérialisé

Comment fait-on aujourd’hui en France pour voir des films en dehors des salles de cinéma ? Il y a bien entendu la télévision, mais depuis le lancement de Netflix en septembre dernier, on ne parle que de VOD, de streaming, de TV replay et de… téléchargement illégal. Autant de manières différentes de voir des films en ligne, de manière connectée. A en oublier qu’il est encore possible de visionner des films sans passer par Internet, via des supports physiques.

Qu’est-ce qu’un support physique ? Un objet que l’on peut toucher, utiliser, réutiliser, échanger, partager et conserver.

Dans le domaine de la musique il y a eu le vinyle, puis la cassette et le CD audio. Pour la vidéo, le betamax (qui n’a pas fait long feu), la VHS, puis le DVD, complété en 2006 par ses équivalents haute-définition : le Blu-ray et le HD-DVD. Deux formats similaires et néanmoins concurrents, le premier ayant fini par l’emporter sur le second en 2008.

Si la VHS, le laserdisc ou le CD-I [1] ont bel et bien disparus, le DVD est lui, toujours présent, et cohabite avec le Blu-ray : sur des écrans de taille raisonnable, la qualité d’un DVD bien encodé est tout à fait acceptable. Il est vrai que sur de plus grands écrans (supérieurs à 42″), et plus encore sur les installations home-cinéma, le Blu-ray s’impose. Ses principaux inconvénients sont sa moins grande compatibilité (tous les foyers n’étant pas équipés du lecteur adéquat), et un coût de fabrication supérieur.

En dépit des analyses pessimistes sur le marché de la vidéo (ce qui fera l’objet d’un futur billet), force est de constater que le DVD n’a pas dit son dernier mot. Rappelons au passage que les lecteurs Blu-ray sont rétro-compatibles avec les DVD.

Aux origines du DVD

Si le DVD est officialisé en 1995, et commercialisé cette même année au Japon, ce n’est qu’à partir de 1998 que les lecteurs de salon (ceux que l’on peut brancher sur un téléviseur) arrivent en France [2]. Le DVD ou Digital Versatile Disc (et non « video disc » comme on pourrait à tort le penser) permet de stocker entre 4.7 Go et 17 Go de données de toutes sortes.

Lorsqu’il est utilisé comme un support de stockage, on l’appelle DVD-R, pour DVD-Recordable.
En ce qui concerne le DVD vidéo, le DVD Forum a défini une norme permettant d’assurer une entière compatibilité depuis la création jusqu’à la lecture du DVD [3]. Ce standard se caractérise notamment par un encodage vidéo en MPEG-2, et une arborescence spécifique des fichiers sur le disque : ils portent l’extension .VOB et .IFO, et sont rangés dans un dossier VIDEO_TS.

La qualité d’image du DVD est bien supérieure à la VHS. Mais son grand avantage, c’est avant tout d’être sans pertes : le numérique permet de masquer les pertes de signal, évitant les dégradations des formats analogiques qui se produisaient au fur et à mesure des visionnages.

Le DVD apporte d’autres avantages :

  • le chapitrage pour revoir ses scènes préférées ou naviguer plus rapidement dans un film
  • des bonus : bandes-annonces, interviews de l’équipe du film, making-of, courts-métrages
  • une gestion multilingues : une piste son dédiée à la langue originale, ainsi que plusieurs pistes dédiées aux traductions ; des pistes de sous-titres activables ou désactivables à loisir
  • des pages informatives : filmographie d’un réalisateur, biographie des acteurs, critiques du film
  • un son multicanal : un son surround 5.1, reproduisant en partie les conditions de la salle de cinéma, pour ceux disposant de l’équipement adéquat

Premier DVD

Quelques années plus tard, la gravure DVD est rendu accessible au grand public. Je vais donc vous parler ici de mon expérience personnelle : en 2000, je profite d’un court-métrage que j’ai réalisé (tourné en Hi-8) pour tester ce nouveau support. Je désirais avoir la meilleure qualité possible pour sa diffusion, et profiter de la technologie la plus performante actuellement disponible.

Graver un DVD vidéo était à l’époque assez fastidieux : les graveurs étaient lents, les DVD vierges chers et assez peu fiables, et l’encodage MPEG-2 difficile à maitriser. Résultat : paradoxalement mon premier DVD est moins agréable à regarder que son équivalent en VHS.

Les explications sont nombreuses : une faible qualité d’image au départ, un entrelacement mal géré, des outils d’encodage peu performants… Heureusement, depuis la technologie est parvenue à maturation. Avec DACODEC, nous maitrisons désormais ce savoir-faire. Pour le constater, il faudra juger sur pièce avec l’étonnant Shapito Show, notre dernier DVD à ce jour. Un film russe qui vaut le détour, disponible dès le 9 décembre 2014. Nous ne manquerons pas de vous en reparler dans un prochain billet.

Cinéphilie et collection

Ce qui fait le charme incontestable et éternel du DVD par rapport à la VOD, c’est sa matérialité : lorsqu’on est amoureux de cinéma et collectionneur, on aime pouvoir compter sur un bel objet pour avoir sous la main les films que l’on aime. Une collection de fichiers numériques est plus difficile à mettre en valeur, à partager, ou à admirer sur un mur. Sans compter les problèmes de compatibilité (les formats évoluent dans le temps) et les risques d’effacer les fichiers, accidentellement ou non.

Rappelons qu’un disque dur est un appareil mécanique qui s’use dans le temps, et peut lâcher sans crier gare du jour au lendemain. D’où l’importance de faire des sauvegardes régulières [4].

Une belle édition DVD, un beau coffret, c’est un grand plaisir : pouvoir le tenir entre ses mains, l’offrir, le partager avec sa famille et ses amis, autant de qualités étrangères au visionnage de films sur un ordinateur.

Le jour où la VOD (et plus généralement la mise à disposition des films en ligne) saura retranscrire cet aspect matériel du DVD, rendant un peu d’âme à la froideur du numérique, le visionnage des films en ligne aura fait un grand pas. Si vous avez des idées, c’est le moment !

L’avenir du DVD

Alors certes, le DVD n’est pas l’avenir de l’édition vidéo. Mais c’est son présent. Il ne disparaitra pas de sitôt, et connaitra même peut-être un regain d’intérêt dans quelques décennies, comme c’est le cas avec le vinyle depuis quelques années.
Il est vrai que je prêche pour ma paroisse, mais je suis avant tout un vrai amoureux du cinéma et du DVD.

 


Notes
[1] Le CD-I, ou CD interactif, est une sorte d’ancêtre du DVD, qui connut un cuisant échec. En savoir plus sur Wikipedia.
[2] Source (lien en anglais) : http://didyouknow.org/dvdhistory/
[3] Le DVD forum est un consortium formé de grandes entreprises liées au DVD. Il a été créé afin d’établir une norme commune sur laquelle s’appuyer, aussi bien pour les fabricants des supports, des lecteurs, que pour les créateurs de logiciel. Pour en savoir plus : le site du DVD forum
[4] Quelques conseils sur le site de CNET : « Comment sauvegarder ses données en toute simplicité »