Aujourd’hui a lieu aux États-Unis le Superbowl, finale du grand championnat de football américain, durant lequel seront diffusées les très attendues nouvelles images de Jurassic World. Nous en apprendrons probablement un peu plus sur Indominus Rex, nouveau dinosaure révélé il y a quelques jours.

En attendant, voici la première partie de l’analyse du teaser dévoilé en décembre dernier.

Si vous avez déjà lu l’introduction à cette première analyse, rentrons dans le vif du sujet. Nous vous conseillons de consulter le storyboard du teaser en parallèle de l’article pour fluidifier la lecture. Attention l’image est grande, elle fait plus de 6000 px. de hauteur ! Une surenchère digne d’un blockbuster hollywoodien.

« If something’s chasing you, run »

Structure assez classique dans cette bande-annonce : une courte introduction (25 sec.) pour susciter la curiosité, nous donnant des informations factuelles et un petit clin d’œil aux précédents opus, puis les logos des producteurs avant de commencer réellement le teaser.

00 min. 00 sec.
La MPAA (Motion Picture Association of America) nous annonce que les images que nous allons voir sont tout public. Un texte sur fond vert dont nous sommes désormais très familiers, puisqu’il ouvre toutes les bandes-annonces américaines.

00-00-00-00 MPAA

00 min. 05 sec.
Pré-introduction faisant référence au précédent opus. La mère d’un petit garçon (Gray) partant en vacances lui souhaite un bon voyage, et lui glisse d’un air malicieux :
« And remember: if something’s chasing you, run » (« Et souviens-toi : si quelque chose te poursuit, court »).
Une ironie second degré à laquelle il sera fait référence 1 min 30 plus tard, avec un passage au premier degré. Le danger ironique se fera danger réel. D’une grande subtilité.

00-00-07-12 Plan large
00-00-09-03 Kid
00-00-10-12
00-00-13-02 Run1

00 min. 15 sec.
Animation des logos Universal et Legendary, qui pour changer ne se focalise pas sur les Etats-unis, mais part de l’Océan Atlantique pour se diriger vers l’Orient en passant par l’Europe du Sud. Pourquoi pas.

00-00-19-02 Logo Legendary 00-00-14-17 Logo Universal

Visite guidée du parc d’attraction

Une grandiose musique orchestrale ouvre la bande-annonce, jouant sur le côté dépliant publicitaire des images qui vont suivre : le spectateur a droit à une véritable visite guidée du parc, qui joue de l’ambiguïté entre le réel et la fiction. On vous montre un parc qui n’existe pas dans la réalité, mais comme si vous pouviez vous y rendre.
Cette première partie (d’une durée de 50 sec.) se clôt avec le spectaculaire dinosaure marin qui introduit la notion de danger… et par la-même l’intrigue.

00 min. 25 sec.
L’arrivée des visiteurs sur l’île se fait par bateau. Pour dynamiser le montage de manière assez artificielle, le plan du bateau qui arrive sur l’île est coupée en deux, avec un fondu au noir entre les deux plans, qui pourraient n’en former qu’un seul, mais bien plus long.
Dans un teaser le temps est court, et il faut absolument maintenir l’attention de l’internaute qui risque à tout instant de cliquer ailleurs.

 

00 min. 30 sec.
Pour informer le spectateur dans une bande-annoce, il y a trois solutions :

  1. Une voix-off
  2. L’utilisation des dialogues du film
  3. Du texte ajouté à l’image, également appelé « carton »

C’est la troisième option qui est choisi dans ce teaser. Le premier « carton » d’information annonce la date d’ouverture du parc. La réalité et la fiction sont ici mélangés : l’ouverture du parc (fiction) correspond à la date de sortie du film (réalité).

00-00-30-19 1er carton

00 min. 33 sec.
A bord d’un train monorail, travelling avant qui suit Gray, le garçon du début, s’avancer dans vers l’avant du wagon. Contre-champ sur son visage éblouit devant ce qu’il voit, révélé dans le plan suivant : l’ouverture de la monumentale porte d’entrée du parc qu’ils s’apprêtent à franchir.

00-00-32-07 Gray dans le train champ 00-00-34-06 Gray contre-champ 00-00-37-03 entrée du parc

00 min. 39 sec.
Deuxième et troisième carton d’information : « LE PARC » … « EST OUVERT ».
Ce qui laisse entendre que nous pourrions virtuellement le visiter, l’ambiguïté entre le réel et la fiction continue d’être entretenue.

00-00-39-17 2ème carton
00-00-11-12 Pré-intro deuxième gamin

 

00 min. 41 sec.
Les deux cartons sont entrecoupés d’un plan qui illustre l’information fournie : on nous montre donc un parc plein à craquer, dans une rue qui ressemble à la rue principale de tous les parcs d’attractions du monde, identifiant ainsi le spectateur au parc, continuant de lui donner une illusion de réalité.

00-00-42-22 foule

00 min. 45 sec.
La première fois que nous voyons des dinosaures dans le teaser. Ils sont présentés comme des animaux de la jungle tel qu’il y en a sur Terre, comme si les visiteurs du parc faisait un safari en se baladant en 4×4 au milieu des gazelles. Là encore on joue sur l’identification et la proximité entre un monde qui existe (le nôtre) et un monde proche du nôtre qui est fictionnel (celui de Jurassic Park).

Jurassic World - Safari

00 min. 48 sec.
Plus original, cette fois c’est en canoé-kayak que les visiteurs remontent le temps pour côtoyer d’autres dinosaures autour d’une rivière. La surenchère des attractions toujours plus grandes et spectaculaires commence. La présence de l’eau est un élément récurrent dans le teaser, au cas où le spectateur inattentif aurait oublié que nous sommes sur une île.

Jurassic World - canyoning

00 min. 50 sec.
La grande nouveauté du parc est la gyrosphère : en présentant les attractions du parc comme si elles existaient réellement, on le rend plus désirable et accessible, et donc on donne envie de voir le film.
L’avancée technologique permise par cette nouvelle technologie est semble t-il de se promener parmi les dinosaures en toute sécurité. Si tout fonctionne…

Jurassic World - Gyrosphere Attraction
Jurassic World - Gyrosphere

00 min. 58 sec.
Dernière attraction présentée : le spectacle aquatique tel qu’il existe actuellement dans les « seaworld » du monde entier, mais avec des orques plutôt que des dinosaures. Ici la mise en scène change un peu : on sort de la publicité pour entrer dans la fiction.

Jurassic World - Seapark

01 min. 02 sec.
La musique s’interrompt sur un bruit sourd pour ne laisser subsister qu’une note de violon stridente. Plan sur un requin mort qui descend le long d’une corde. Introduction d’un suspense et de la notion de danger. Que va t-il arriver dans cet endroit sauvage que l’homme semble maitriser totalement ? Question posée pour cette scène en particulier, mais qui s’applique bien entendu au film en général.

Jurassic World - Requin

01 min. 05 sec.
Coupe franche sur un noir complet avec une absence quasi totale du son, subsistant un fond d’ambiance d’île tropicale, très lointain. Fondu enchainé sur l’eau vu en plongée au-dessus du requin : on voit s’approcher du fond de l’eau un (très) gros animal, qui surgit brutalement avec une reprise soudaine du niveau sonore. Le contraste entre l’absence quasi totale de son et le cri de l’animal créé un effet de « sursaut » qui est la marque de Spielberg depuis Jaws, auquel il est fait ici implicitement référence.

Jurassic World - en approche
00-01-08-06 dino marin

01 min. 08 sec.
Plan large depuis le public, qui est au spectacle. Les gens filment avec leur tablette et smartphone, prolongeant ainsi l’identification avec la pratique actuelle du public dans les salles de spectacle. Le teaser insiste beaucoup sur cette notion : Jurassic World n’est pas un film de science-fiction futuriste (comme l’est sans ambiguïté Star Wars par exemple).
On notera le raccord la faute de raccord entre les deux plans, mettant à mal la règle des 30°. Gageons que c’est une ellipse introduite par la bande-annonce, et que le film ne comportera pas de fautes techniques de ce genre.

Jurassic World - Big dino
Jurassic World - Big splash

Réaction du public qui se fait éclabousser lorsque l’animal retombe brusquement dans l’eau : une sorte de mini-dénouement à un danger qui n’en était pas un, puisque ce n’est qu’une attraction. Le public s’amuse, protégé du méchant dinosaure par une barrière de protection électrique.

Jurassic World - Splash
Jurassic World - Public trempé

Des trucages à peaufiner

Revenons un instant sur le plan où le requin se fait croquer par le dinosaure. Il semblerait que les truquistes n’aient pas encore totalement finalisés leur travail, puisque les ailerons du requin se rétractent avant même que le dinosaure ne referme sa gueule sur lui :

Aile de requin

On peut se dire que le requin vit encore (vraiment ?), mais il est plus probable que les 6 mois qui nous séparent du lancement du film soient bienvenues pour les truquistes du film qui ont encore du pain sur la planche.
Autre hypothèse : c’est un artefact de compression, mais étant donné la qualité globale de l’encodage, ce serait étonnant. Ça ressemble plus à un coup de pinceau qui aurait dérapé sur une palette graphique.

01 min. 14 sec.
Le quatrième carton du film présente celui que nous ne présentons plus, le producteur exécutif Steven Spielberg. On notera qu’il vient bien avant le réalisateur, qui n’aura droit à son nom que subrepticement dans le générique de fin. Car il faut bien avouer que personne ne connait Colin Trevorrow.

Jurassic World - Steven Spielberg

Ce carton marque la fin de la première partie du teaser.

Mise en ligne de l’analyse de la seconde partie d’ici quelques jours, n’hésitez pas à nous laisser vos impressions dans les commentaires d’ici là.