La 66ème édition de la Berlinale, le festival de cinéma de Berlin, aura lieu du 11 au 21 février, avec cette année Meryl Streep comme présidente du jury. Une 66ème édition qui, comme le souligne le directeur du festival Dieter Kosslick dans son éditorial, ne manquera pas de rappeler la Route 66 qui « connecte des endroits sur un continent, croise des autoroutes et des embranchements » (it connects places in a continent, crosses higways and hubs). La Berlinale entend donc faire se croiser et relier différents univers et différentes cultures, le festival mettant cette année particulièrement l’accent sur la crise des migrants en Europe.

Outre les sections parallèle Panorama et Forum, 18 films sont en compétition, sans compter le film des frères Coen présenté hors-compétition en ouverture. Il y a donc 5 films de moins que l’année dernière, probablement à cause de la longueur peu conventionnelle du film de Lav Diaz, d’une durée de 8h.

Comme l’année dernière, je vous livre mes impressions (très personnelles et parfois intéressées) sur quelques-uns de ces films. N’ayant pas encore épluché tout le (copieux) programme, j’oublie peut-être quelques films importants. Rendez-vous en fin de festival pour le confirmer !

Heil, Caesar!

de Joel & Ethan Coen

Hail Caesar des frères Coen

Bien que les premiers retours sur le dernier opus des frères Coen ne fasse pas l’unanimité, la présentation de leur dernier film en ouverture de la 66ème Berlinale après avoir présidé le dernier festival de Cannes reste un événement. Programmer un film dont le titre du film fait référence au régime Nazi pour ouvrir un festival de cinéma se déroulant à Berlin est un choix audacieux.

A Lullaby to the Sorrowful Mystery

de Lav Diaz

A Lullaby to the Sorrowful Mystery de Lav Diaz

Lav Diaz est un cinéaste philippin récemment (re ?) découvert par le grand public grâce à, d’une part, la rétrospective du Jeu de Paume à Paris en septembre 2015, et d’autre part à la sortie en salle de son très beau Death in the Land of the Encantos, courageusement distribué par Dissidenz (le film dure près de 9h).

Connu pour la longueur de ses films, les sélectionneurs ont décidé de mettre à l’épreuve l’endurance des festivaliers en choisissant de programmer ce film de 480 minutes, qui sera diffusé en une journée avec une seule pause de 60 minutes. Je n’ai vu qu’un seul film de Lav Diaz, mais son cinéma m’a beaucoup impressionné, je serai donc probablement tenté par l’expérience. Sans compter que les premières images publiées ont l’air sublimes.

A noter : A Lullaby to the Sorrowful Mystery n’est pas le film le plus long projeté cette année à la Berlinale. Le film allemand de Ulrike Ottinger Chamisso’s Shadow détient en effet la palme de la longueur, avec une durée affichée de 709 minutes, soit près de 12h de projection ! Si une seule projection fleuve est prévue, les suivantes seront divisées en plusieurs parties.

Homo sapiens

de Nikolaus Geyrhalter

Homo Sapiens de Nikolaus Geyrhalter

Sans dialogue ni personnage, avec un sujet sombre (des paysages détruits ou abandonnés), Homo sapiens n’est à première vue pas un film très engageant. Mais comme j’avais adoré son précédent film, Over the Years, présenté l’année dernière au Forum (et que j’avais placé très haut dans mon top de la 65ème Berlinale) je pense qu’on peut faire confiance à Nikolaus Geyrhalter pour nous livrer à nouveau un très beau film.

Midnight Special

de Jeff Nichols

Midnight Special de Jeff Nichols

Le nouveau film du brillant jeune réalisateur américain est précédé d’un intriguant teaser situant le film entre une production hommage à Spielberg type Super 8 de JJ Abrams, et un film fantastique sur un jeune garçon doué de pouvoirs paranormaux. Ça donne envie d’en découvrir un peu plus.

Le film sortira en France le 16 mars, peu après la Berlinale, mais une série d’avant-première est prévue à Paris un mois plus tôt, soit le 16 février prochain (dont une au Louxor incluant un débat avec le réalisateur).

Boris sans Béatrice

de Denis Côté

Boris sans Béatrice de Denis Côté

En tant qu’amateur de cinéma québécois en général, et du cinéma de Denis Côté en particulier, je suis très curieux de découvrir le dernier film de Denis Côté. De son propre aveu, il alterne assez méthodiquement la réalisation de films à petits budgets, plutôt documentaires (Que ta joie demeure, que j’avais découvert en 2014 à la Berlinale et que je vous recommande vivement), avec des plus grosses productions de fictions (Vik et Flo ont vu un ours, 2013). Celui-ci fait partie des fictions à plus gros budget.

Ta’ang

de Wang Bing

Ta'ang de WangBing

L’un des plus talentueux documentariste chinois de sa génération, Wang Bing revient avec Ta’ang,  une fiction qui se déroule en Birmanie, nouveauté pour le réalisateur qui jusqu’à présent tournait ses films en Chine (parfois aux confins du pays, dans le désert de Gobi par exemple pour Le Fossé en 2012).

Ilegitim

de Adrian Sitaru

Ilegitim de Adrian Sitaru

Quatrième long-métrage de ce cinéaste roumain au talent singulier, Ilegitim (Illégitime en français) est un film qui entremêle plusieurs thématiques, dont certaines pourront prêter à polémique. Ce qui fait toute la force du film est de ne pas se focaliser sur ce côté polémique, et à explorer le côté humain de la situation des personnages.

Bien que mon jugement soit très subjectif (puisque j’ai participé au montage du film dont Dacodec a assuré une partie de la post-production) le résultat est vraiment très beau.

 

La sélection complète, toutes sections confondues, est consultable sous forme de programme filtrable sur le site de la Berlinale, et de manière plus synthétique sur le site d’Accreds, qui a aussi écrit un article sur les 8 films à ne pas manquer à la Berlinale cette année.

Je vous invite à vous exprimez sur cette sélection 2016 ci-dessous dans les commentaires, et si vous passez par Berlin, n’hésitez pas à me faire signe par mail, ou sur twitter.

Rendez-vous en fin de festival pour le bilan de cette prometteuse 66ème édition !