10 février. A la mi-temps de la 65ème édition du festival de Berlin qui se déroule du 5 au 15, quels sont les films que nous avons vu ? On ne les a pas tous aimés, mais certains valent vraiment le détour. Dans l’ordre chronologique des projections, avec une note appréciative entre parenthèse :

SANGUE AZUL (4/10)
Le « sang bleu » c’est celui qui coule dans les veines de ces habitants d’une petite île au large du Brésil. Ca commence pas trop mal, puis rentre vite dans le cliché et les symboles lourds et appuyés. Dommage car les images sont belles.

LES AILES DU DESIR (9/10)
Revoir le très beau film de Wenders sur grand écran est un bonheur. Mais lorsque la projection se déroule sur les lieux même du tournage à Postdamer Platz, c’est carrément inédit ! A l’époque, c’était un gigantesque terrain vague. Aujourd’hui s’y déroule un des plus grands festivals de cinéma du monde.

45 YEARS (7/10)
Tout en subtilité, le film est d’une grande maitrise. La justesse de mise en scène n’a d’égale que le grand talent des deux acteurs principaux, Charlotte Rampling et Tom Courtenay.

TAXI (8/10)
Le cinéaste Jafar Panahi, interdit de tourner par le régime iranien, invente un nouveau subterfuge (après « Ceci n’est pas un film ») pour continuer de faire des films. Il s’improvise chauffeur de taxi, et son taxi devient un studio de cinéma ambulant. Une oeuvre drôle et émouvante, poétique autant que politique.

JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE (6.5/10)
Après Bunuel et Renoir, Benoit Jacquot relève le défi de l’adaptation cinématographique du célèbre roman d’Octave Mirbeau. Classique et de bonne facture.

THE FORBIDEN ROOM (6/10)
Film ambitieux dans lequel Guy Maddin tente de ressusciter des films disparus. Un peu indigeste, mais formellement très intéressant.

K (5/10)
Le roman de Kafka, « Le Château », transposé en Chine. Une bonne idée mais… c’est un peu raté. Dommage.

THE BODA BODA THIEVES (3/10)
Film avec lequel on découvre le cinéma ougandais.
Film avec lequel on a envie de fuir le cinéma ougandais.
Cet « hommage » au Voleur de bicyclette de De Sica souffre d’une réalisation désastreuse, d’un scénario à revoir, et d’un très mauvais jeu d’acteur, qui d’ailleurs n’en sont pas.

EL INCENDIO (5.5/10)
La crise de la trentaine d’un couple qui emmenage dans un nouvel appartement. Sans grande originalité, ni dans le sujet ni dans le traitement.

QUE HORAS ELA VOLTA? (6/10)
Film qui se déroule à Sao Paulo dans une riche famille brésilienne. Le film est centré autour de la bonne et de sa fille, mais il ne va pas assez loin dans son propos, en restant dans le ton de la comédie sans aller chercher à explorer la condition sociale du Brésil. Et sans que l’humour atteigne un niveau suffisant.
Le titre anglais est « Second Mother ». On fait confiance à Memento qui a acquis les droits du film pour la France pour trouver une meilleure traduction.

EL BOTON DE NACAR (9/10)
Sublime nouveau film de Patricio Guzman, dans la droite lignée de son déjà très beau « Nostalgie de la lumière ». Guzman n’a nul autre pareil pour raconter l’histoire de son pays, le Chili, dans une grande poésie et en même temps une grande rigueur historique. Guzman relie le fond des océans aux étoiles les plus lointaines, et c’est somptueux.

CHORUS (4/10)
Film québécois réalisé par François Delisle. Dans un noir et blanc assez plat, et un cinémascope trop large pour le film, cet exercice autour d’un drame familial est assez vain. Une déception.
Heureusement que la bonne prestation de Fanny Mallette (vu chez Stéphane Lafleur) sauve un peu le film.

TOKYO-GA (8/10)
Même si nous avons une affection tout à fait particulière pour ce film, force est de reconnaitre qu’il n’est pas exempt de défauts : il a peu vieilli (la musique « Dick Tracy » utilisant le meilleur des synthés des années 80), mais la restauration 4K a fait des merveilles sur les images.
Malgré tout, le film dégage un charme intemporel, et Wenders livre un magnifique hommage à son maitre de cinéma, Yazujiro Ozu.

Il nous reste encore pas mal de films à voir, au premier rang duquel le nouveau film de Wim Wenders, « Every Thing Will Be Fine ». Un réalisateur que nous aimons et défendons malgré les maladresses de ses derniers films, et dont nous attendons beaucoup du nouvel opus ! Le fait qu’il soit présenté hors compétition est-il mauvais signe ? Réponse dans quelques heures…