Il y a une semaine s’achevait l’édition 2015 de la Berlinale qui se déroulait comme chaque année à Berlin. A mi-parcours je vous avais brièvement parlé des 13 films que j’avais vus, j’y ajoute dans ce billet les 20 films supplémentaires vus dans le seconde moitié du festival. Bien qu’un ticket n’était pas nécessaire pour toutes les séances, au final ça en fait tout de même une certaine quantité :

Berlinale 2015 : programme et tickets

Pour rendre la liste plus amusante, j’ai noté les films, et les ai présentés sous forme de classement. Un classement qui ne veut pas dire grand chose, puisqu’il mélange des films très variés, nouveaux ou anciens, présentés dans des sections qui n’ont pas la même vocation les unes par rapport aux autres.

Mais ça permet tout de même de se faire une idée globale sur mon opinion vis-à-vis de chacun. Et je vous invite vivement à réagir dans les commentaires si vous avez vu les films dont je parle ici.

Les films en rouge sont en compétition, en jaune au Panorama, en violet au Forum. Lorsqu’il n’y a pas de couleurs, il s’agit d’une autre catégorie. J’ai exclu de la liste les trois films de la rétrospective Wenders, car sinon ils auraient squatté le haut du classement, et l’idée est plutôt de se concentrer sur le cinéma contemporain.

C’est parti pour le top 30 !

 

#30 EISENSTEIN IN GUANAJUATO
Note : 1/10

Mon tweet parlera mieux que moi de cette horreur (il faut avouer que je n’ai pas tenu plus de 30 minutes) :

#29 DARI MARUSAN
Note 1/10

Euh… mais que vient faire un film d’une nullité pareil dans le festival ? L’image est laide, les acteurs pitoyables, le scénario et les dialogues catastrophiques… Incompréhension totale !

#28 FUTABA KARA TOKU (Nuclear Nation II)
Note : 2/10

Cela ne suffit pas d’avoir un noble sujet pour faire un bon film. Ce documentaire interminable s’intéresse aux sinistrés de la région de Fukushima, mais sans point de vue, sans construction, sans montage. Une succession de témoignage dont le réalisateur ne fait rien, malgré un travail de tournage fastidieux et un acharnement tout à son honneur.

#27 IM SPINNWEBHAUS
Note : 2/10

Il y avait Jack, bon film présenté en compétition en 2014 à la Berlinale, dont le sujet était deux jeunes enfants livrés à eux-mêmes (le film sort en salle en France le 15 avril 2015, distribué par Diaphana). Était-ce nécessaire de reprendre le même sujet pour en faire un mauvais film ? Le noir et blanc est inutile et semble vouloir justifier un caractère « arty » que le film n’a en aucune mesure.

#26 THE BODA BODA THIEVES
Note : 3/10

(voir le billet précédent)

#25 SANGUE AZUL
Note : 4/10

(voir le billet précédent)

#24 CHORUS
Note : 4/10

(voir le billet précèdent)

#23 LA NUIT ET L’ENFANT
Note : 4/10

Un essai raté sur le souvenir douloureux de la décennie noire algérienne. Sur le même sujet, mais avec un traitement très différent, on lui préfère nettement le film de Karim Moussaoui, Les Jours d’avant (auquel j’ai, il est vrai, contribué).

#22 TEN NO CHASUKE
Note : 4/10

Du grand n’importe quoi. Esthétiquement assez laid et (volontairement) kitsch. Un scénario très prévisible, un ton burlesque sans subtilité. Pourquoi pas mais c’est assez vain.

#21 K
Note : 5/10

(voir le billet précédent)

#20 UNDER ELECTRIC CLOUDS
Note : 5/10

Une photo très léchée, de très longs tableaux très esthétisants, mais au final à quoi bon si sur le plan de la narration c’est assez creux. Car du coup… où est l’émotion ?

#19 EVERY THING WILL BE FINE
Note : 5/10

Le dernier Wenders, décevant il est vrai. Un très fort début, y compris cette scène habilement réalisée « à double détente » comme le note Christophe Beney dans sa (bonne mais un peu dure) critique sur Accreds. Sinon beaucoup trop de maladresse et de champs-contre-champs inintéressants, face à une belle intention vis-à-vis de la 3D, pour laquelle Wenders s’efforce de composer des plans visuellement très riches, jouant sur la profondeur. Il utilise pour la première fois en 3D le transtrav (aussi appelé « travelling contrarié« ), et son utilisation du « hors-champ » 3D est tout à fait innovante. Mais la technique ne fait pas tout, et le film souffre au final de trop nombreux défauts.

#18 SUEÑAN LOS ANDROIDES (ANDROIDS DREAM)
Note : 5/10

L’accroche était très prometteuse : un Blade Runner espagnol ! Malheureusement le film n’est pas à la hauteur de l’attente. Je l’ai vu dans un état assez fatigué, je réviserai peut-être mon jugement en le revoyant plus éveillé.

#17 EL CLUB
Note : 5/10

Une esthétique très singulière pour un film au final assez peu marquant, malgré un sujet choc (en gros la retraite de prêtres pédophiles chiliens). La faute à un scénario un peu plat ? Malgré tout, le film remporte tout de même l’Ours d’argent.

#16 EL INCENDIO
Note : 5.5/10

(voir le billet précèdent)

#15 QUE HORAS ELA VOLTA? (The Second Mother)
Note : 6/10

(voir le billet précédent)

#14 THE FORBIDEN ROOM
Note : 6/10

(voir le billet précèdent)

#13 BRASIL S/A
Note : 6/10

Un bel essai d’une heure dénonçant la capitalisation à outrance du Brésil. De bonnes idées, une réalisation forte avec des partis pris audacieux, mais ressemble un peu trop à un exercice de style.

#12 JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE
Note : 6.5/10

(voir le billet précèdent)

#11 MADARE GHALB ATOMI (Atom Heart Mother)
Note : 6.5/10

La version jeune et nocturne de Taxi. Comme dans le film de Panahi, il se passe aussi dans une voiture, aussi à Téhéran. C’est drôle et original, mais se perd un peu (inutilement) dans le fantastique. C’est dommage.

#10 45 YEARS
Note : 7/10

(voir le billet précèdent)

#9 REMAKE, REMIX, RIP-OFF
Note : 7/10

Un très bon documentaire sur les parodies turcs des films américains, florissantes dans les années 60-70. Assez hilarant.

#8 TAXI
Note : 8/10

(voir le billet précèdent)

#7 CHA VÀ CON VÀ
Note : 8/10

Le second film du prometteur réalisateur Phan Dang Di. Très belle atmosphère, pour un film dont on ne comprend pas toujours les démêlés de l’intrigue, mais peu importe : c’est beau.

#6 LE DOS ROUGE
Note : 8/10

Une étonnante réflexion sur ce qu’est l’acte de création. Bertrand Bonnello très crédible dans un rôle proche de ce qu’il est en réalité (il joue son propre rôle de réalisateur), mais construisant malgré tout un vrai personnage de fiction. Le film n’en fait pas trop, et c’est tout à son honneur car l’équilibre n’est pas facile à trouver.

 

#5 EL BOTON DE NACAR
Note : 9/10

(voir le billet précèdent)

#4 ÜBER DIE JAHRE (Over the Years)
Note : 9/10

Le Boyhood du documentaire ! Un magnifique film qui se déroule de 2004 à 2014, suivant le parcours de plusieurs autrichiens suite à la fermeture de leur usine de textile. A découvrir.

#3 VICTORIA
Note : 9/10

Autre bijou du festival : assumant ses défauts, ce film très prenant est constitué d’un unique plan séquence, qui nous emmène au cœur de la vie nocturne berlinoise, jusqu’au petit matin. Rare sont les films dans lesquels on se sent si immergé.

#2 KNIGHT OF CUPS
Note : 10/10

Mon coup de cœur de la compétition, sans aucun doute. Le film divise les festivaliers, mais pour moi c’est une véritable sensation cinématographique que nous fait vivre Malick. Époustouflant.

Film par ailleurs complètement ignoré par le jury, il repart sans aucun trophée. Mais on peut se dire que pour un film d’une telle ampleur, c’était tout ou rien.

#1 LA SIRÈNE DE FASO FANI
Note : 10/10

Très, très belle découverte. Michel K. Zongo filme avec une grande subtilité les tisserands du Burkina Faso, qui continuent de travailler malgré la traumatisante fermeture de l’usine de Faso Fani suite à sa privatisation dans les années 90. Ce documentaire nous rappelle, avec un sens très aiguisé de la mise en scène, les difficultés liées à la décolonisation et la mondialisation, sans pour autant céder au fatalisme ou à l’aigreur, nous montrant une Afrique que l’on comprend mieux à l’issue de ces 90 minutes de grand cinéma.

 

C’était serré, mais le film qui arrive premier dans mon classement est bel et bien un documentaire, et qui figure dans une section parallèle, le Forum. J’ai vu peu de films au Panorama (4), et une majorité en compétition et au Forum (12 chacun). Sans compter les projections spéciales (l’hommage à Wenders par exemple) qui totalisent 5 films vus.

Découvrir autant de films différents sur un moment si court est à la fois épuisant et… galvanisant ! Prochaine étape du marathon cinéphilique : Cannes 2015, où la compétition sera présidée par les frères Coen. Ça promet !